CIMG0915CIMG0914

Mugit'ari

Descriptif:  nacres vertes ou roses montées sur des structures métalliques couleur étain, avec de petits charmes de la même couleur.  7€ avec crochets, hors frais de port.

Il y a quelques jours, alors que l’astre solaire parvenait à son zénith et que notre dernier cours venait de s'achever, Nerakhme et moi avons décidé de faire une grande promenade. Nous nous sommes enveloppées dans nos châles parce que le froid mordait. Puis, nous sommes sorties du grand bâtiment en pierre qui abrite durant la saison froide, l’éducation de tous les jeunes habitants de Calabca qui ont obtenu leur diplôme d’éducation primaire. C'est à dire, pour la majorité, après qu’il aient atteint onze révolutions de Gaïa.

Au bord du chemin qui borde la lisière sud de Calabca. Nous nous sommes assises sur un rocher dardé par les rayons de l'astre solaire. Même en milieu de journée, on frissonne à cette saison si l’on reste à l’ombre. Nous avons déballé joyeusement nos provisions et de la petite boîte en osier que j’utilise pour transporter des denrées périssables, j’ai sorti un petit morceau de fromage, des abricots et deux lamelles de poisson séché.

Ensuite, nous avons marché le long de la côte, à la lisière du village. Nerakhme et moi nous adorons explorer des lieux que nous ne connaissons pas, découvrir des clairières mystérieuses, de petites criques abritées du vent. Pour cela, évidemment, il faut s’éloigner beaucoup plus du village à dos de licorne. Mais ne disposant que de nos pieds, ceux-ci nous ont guidé vers le site où se construit le nouveau musée de l'histoire de l'Archipel et de la faune et flore marine et terrestre. J'ai toujours été fascinée par la façon dont on construisait les plus grosse bâtisses dans les villes. Evidemment, Calabca n'est qu'un petit village et il n'y en a pas souvent. Mais je suis déjà venue plusieurs fois pour admirer cette future batisse à mesure qu'elle sort de terre. Elle sera très belle, dans une pierre de la région d'une couleur ocre rouge. Elle est loin d'être terminée, mais on devine déjà son allure générale, avec des fenêtres majestueuses, qui tout au long de l'année, accueilleront la lumière naturelle. A l'entrée, a été érigée une immense statue de Poséïdon, le Dieu protecteur et fondateur de l'Atalantide, qui tient dans son poing fermé le trident emblématique de l'Archipel.

Les ornements en étain forgé de la façade m'ont tellement plus, qu’à mon retour j'ai dessiné des entrelas sur un parchemin et que j'ai demandé à Adei de me fabriquer des moules et de me fondre des supports de boucles d'oreille selon ce modèle.

Mais surtout, nous avons assisté à quelque choses de très rare. Nous avons vu les Mugit'ari travailler sur l'un des bâtiments annexes au musée. Alors que j’étais encore une petite fille, on m’a enseigné l’importance des mugit'ari, ou souleveurs de pierre en langue atalante des Anciens. Dès leurs plus jeunes années, les mugit'ari sont sélectionnés sur leurs capacités à déplacer des objets. Ils sont formés durant des années à développer ses dons, dans des académies dirigées par les prêtresses Laileb, qui maîtrise l'art de développer ces dons particuliers. Et lorsqu'ils sont parvenus à maturité comme ceux que nous avons observés autour du musée, les mugit'ari sont capables, lorsque qu'un nombre important d'entre eux se concentre sur le même objectif, de soulever des blocs énormes pour faciliter la construction.

A côté de moi, Nerakhme était comme fascinée. Elle les regardait fixement, ainsi que les pierres aussi larges que la porte de notre demeure, qui s'élevaient avec grâce dans les airs pour aller se déposer en douceur sur le bloc précédent. Des ondes puissantes et contradictoires émanaient de mon amie pendant que nous contemplions de spectacle, abritées par le feuillage d'un noyer centenaire. Je me rends bien compte que le pouvoir qui se manifeste en Nerakhme, et qui lui permet de déplacer les objets d’une façon hératique et imprévisible, ressemble beaucoup à celui des Mugit'ari. Sauf qu’elle ne maîtrise absolument pas ses capacités. Je me demande d'ailleurs si quelqu’un pourrait enseigner à Nerakhme comment soulever des pierres et les déposer là où elles doivent se trouver dans un futur bâtiment.

Au bout d’un moment, l’une des femmes qui dirigeait les opérations a semblé regarder dans notre direction alors nous nous sommes éloignées. Alors que nous marchions en silence sur le chemin Et tout d’un coup j’ai lancé à Nerakhme. Suis-moi, je sais où on va aller maintenant, lui ai-je alors annoncé, en attrapant son châle vert d'une main décidée.

Il se fait tard, la journée a été épuisante. Mes yeux se ferment alors que j'actionne ma plume d'écriture de la main gauche pendant que je caresse de la droite les boucles d'oreilles en étain qui m'ont été inspirées par le musée en construction et la scène dont Nerakhme et moi avons eu le privilège d'être les témoins. Je prendrai un autre parchemin bientôt, pour vous raconter la suite.