21 janvier 2010
L’appel sacré des dauphins
L’une des choses que je préfère au monde, est la sensation de l’eau sur ma peau. La plupart des Atalantes –surtout ceux qui ont la chance d’habiter près de l’océan comme moi- apprennent à nager dès leur plus jeune âge. Moi-même, je n’était âgée que de quatre révolutions de Gaïa lorsque mon frère Bixen a guidé mes premières évolutions aquatiques, dans une petite crique protégée, pas très loin de la petite maison que nous habitions à l’époque. Depuis, mes parents ont fait construire une demeure en pierre rouge nettement plus spacieuse à flanc de colline. Du coup, je ne retourne plus dans la petite crique, mais maintenant je suis une assez bonne nageuse pour me jeter dans les eaux plus agitées des plages voisines.
Il y a quelques jours, mon frère a fêté son retour à terre en m’emmenant nager avec lui. Il est très souvent en mer maintenant, pour rapporter tous ses merveilleuses matières brutes qui permettent à Calabca d’être l’un des villages d’artisans les plus prospères de Poséidia. Et chaque instant que je passe avec lui est précieux. C’était une belle journée, comme nous en avons souvent à la fin de la saison des récoltes, lorsque le soleil est encore chaud, même si les jours raccourcissent. En dépit de la fraîcheur des flots, Bixen et moi nous sommes ébattus avec une joie intense dans l’eau. Nous avons fait la course et il m’a évidemment laissée gagner, non sans m’avoir poussée jusqu’à la limite de mes capacités. Comme il faisait quand j’étais petite. Et alors que nous nous reposions essoufflés entre deux éclats de rire, nous avons aperçu au loin, trois dauphins qui nageaient vers nous.
Les dauphins en Atalantide sont porteurs des plus beaux présages. On dit que lorsque l’on est capable de faire un vœu en voyant un dauphin et d’avoir achevé de l’exprimer avant que le dauphin ne disparaisse dans l’eau, le vœu sera exaucé dans un délai de trois lunes. On dit aussi que si un dauphin vient nager autour de vous et qu’il vous autorise à monter sur son dos, cela signifie que vous êtes un élu de Poséidon. Et qu’un jour, le Dieu emblématique de l’Atalantide viendra vous confier une mission. Ce n’est pas forcément un gage de bonheur et en tout cas, pas la garantie d'une vie aisée. Dans certains cas, cela peut signifier que vous aurez une mission très périlleuse ou très difficile à accomplir pour le bien de la communauté.
Les dauphins sont donc venus vers nous et l'un d'entre eux c'est approché tellement près qu'il nous aspergeait d'eau à chaque fois qu'il replongeait. J'avais déjà fait au moins cinq voeux quand il a commencé à faire des cercles autour de moi. Bixen s'en est aperçu et il s'est écarté. A un moment, le dauphin s'est approché tellement près de moi que j'ai cru qu'il allait me couler. Mais non. il a nagé autour de moi, au point que j'ai senti sa nageoire effleurer ma cuisse.
"Quand il revient, Ankha, tend les bras vers lui et passe -les autour de son cou si tu peux", m'a lancé Bixen. Sans comprendre, je lui ai obéi. Et pour ma plus immense surprise, le dauphin s'est quasiment arrêté à côté de moi, me laissant certir son cou de mes bras. "Vas-y Ankha m'a soufflé Bixen, glisse sur son dos et attention à ne pas le blesser avec tes ongles". J'ai obéi comme dans un état second.
Lorsque le dauphin a démarré, j'ai failli lâcher prise. Mais très vite, je me suis retrouvée à ne faire plus qu'un avec lui, retenant ma respiration à chaque fois qu'il plongeait. De ma vie, je n'avais jamais ressenti quelque chose d'aussi enivrant. Les deux autres l'ont rejoint et nous avons progressé ainsi, totalement synchronisés. Je ne sais pas combien de temps cela a duré, mais j'ai l'impression que nous sommes partis très loin au large. A un moment, je me suis demandé s'il allait me rendre à ma vie terrestre ou si mon destin était d'aller vivre avec eux. Mais au bout d'un moment mon dauphin a tourné et il est revenu vers la baie, où Bixen était sorti de l'eau pour m'attendre de bout sur la plage.
Lorsque mon dauphin m'a déposé, Bixen a marché vers nous. Il n'avait même pas l'air surpris de cette aventure pourtant incroyable et il avait un gros poisson dans la main, qu'il a glissé dans la gueule du dauphin. Celui-ci l'a gobé et poussé un grand cri en remerciement avant de repartir vers le large. Non sans m'avoir copieusement aspergée avec un coup de queue magistral.
Sur le chemin du retour, j'avais du mal à marcher tellement j'étais excitée. Nous avons évidemment raconté l'histoire à nos parents, qui m'ont regardée comme si j'avais remporté le trident de cristal de Poseidon, la plus haute récompense décercée lors des Jeux des arts et du développement corporel, qui ont lieu à Cliteia toutes les cinq révolutions de Gaïa.
Le lendemain, j'ai été voir Adei à son atelier et j'ai échangé avec lui un petit flacon à parfum que j'avais fabriqué, contre quatre mini figurines de dauphins, deux en or et deux en argent. Avec elles, j'ai fabriqué deux paires de boucles d'oreilles. Je mettrai l'une d'elle en vente pour mon grand projet, mais je garderai pour toujours l'une des deux, que je porterai à chaque fois que je voudrais me souvenir de cette journée bénie.
L'appel sacré des dauphins
Descriptif: petits dauphins dorés et argentés, perles en verre, en métal et fantaisie. 5€ en crochets, 6€ en clips (hors frais de port).
21 décembre 2009
Le noeud d'orichalque de Boudicca
Il y a une demi-lune, j'ai rêvé d'une civilisation étrange, qui s'était développée au delà de l'Océan qui nous sépare des grandes terres orientales. Ce monde ne correspondait en rien à l'histoire de Gaïa. Ni à aucun des peuples qui vivent au delà de l'archipel et dont on nous enseigne parfois les coutumes. Peut-être est-ce une civilisation du futur. Il m'arrive de faire des rêves prémonitoires, mais ils concernent généralement ma famille, mes proches, ou quelque chose de familier.
Le plus étrange dans cette civilisation, c'est qu'elle m'a semblé assez arriérée. En Atalantide, on nous apprend à respecter des coutumes qui n'ont pas court dans l'Archipel et accepter la différence des autres, même si ce n'est pas toujours facile lorsque celles-ci sont considérées comme barbares dans notre système de valeurs. Mais la façon de vivre de ce peuple était très étrange. Là où ils vivaient, il semblait faire encore plus froid que vers les confins nordiques de l'Archipel. Cela explique peut-être en partie, la dimension brutale et guerrière de leur civilisation. Une philosophie qui en Atalantide a ppartient à un passé révolu depuis plusieurs milliers de révolutions de Gaïa.
Au sein de ce peuples, Il existait une vie spirituelle, des croyances et certains étaient conscients d'une petite partie de leurs capacités mentales. Mais d'une façon très limitée par rapport à n'importe quel Atalante. Je ne crois pas que ces gens-là maîtrisaient la télépathie par exemple.
J'aurais vraiment aimé en savoir plus sur eux, mais mon rêve ne ressemblait en rien à une visite découverte de leur civilisation. Et si j'ai eu le temps d'enregistrer quelques détails sur leur façon de vivre et de retenir quelques impressions, j'ai très vite été précipitée dans des scènes d'une brutalité extrême. Une souveraine et ses deux filles étaient au centre de cette violence, tellement inutile, injuste et révoltante que je me suis réveillée tenaillée par une envie de vomir. J'avais rarement vu des choses aussi horribles dans un rêve et pour me purifier de ces abominations, je me suis laissée porter par mon inspiration.
J'ai couru à l'atelier de mon père et je lui ai chipé quelques chutes d'orichalque qui traînaient. Avec ses outils (je les remet toujours à la même place et la plupart du temps, il ne s'aperçoit même pas que je les ai utilisés) j'ai tordu les fines tiges d'orichalque pour en faire des entrelas, ces étranges noeuds que j'ai vus dans mon rêve. J'ai utilisé les turquoises, la pierre emblème de l'Atalantide que Bixen avait polies pour moi. Cette paire de boucles d'oreilles symbolisera pour moi la purification par les flots qui baignent l'Archipel des crimes commis sur cette reine et sa famille. Et elles portent le très beau nom de cette reine martyre que j'ai perçue dans mon rêve: Bouddicca.
Le noeud d'orichalque de Boudicca
Descriptif: perles en turquoises et en bois, montée sur une estampe en forme de noeud celtique couleur bronze. 9€ en crochets, 10€ en clips (hors frais de port).
08 décembre 2009
Fiole de sérénité
Il est tard et je vais bientôt devoir aller dormir. Mais avant de me laisser bercer dans les bras de Selene, il faut absolument que je finisse l'histoire que j'ai commencé sur mon parchemin précédent.
J'en étais restée au moment où la main de Nerakhme s'était posée sur l'énorme cristal de roche apporté par Urtzi, qui nous enseigne les vertus des pierres. Je dois reconnaître que j'avais déjà observé à maintes reprises ce que peut faire Nerakhme, mais là moi-même j'ai mis un moment à m'en remettre. Alors j'imagine les autres. Toutes celles et tous ceux qui nous côtoient quotidiennement et partagent le même enseignement que nous.
Je pense être la première à avoir vu que derrrière Urtzi, le petit tabouret sur lequel il s'était assis auparavant, avait bougé de quelques centimètres. La télékinésie est la capacité la plus développée chez Nerakhme depuis qu'elle est enfant. Mais malhreusement, c'est aussi celle qu'elle rencontre le plus de difficultés à maîtriser.
Si elle avait retiré sa main à ce moment-là, il est probable que personne ne se serait rendu compte de rien à nos deux exceptions près. Mais Nerakhme n'a pas retiré sa main du cristal et les informations qu'il contenait sont venues la bombarder, chamboulant ses émotions et entraînant une panique inévitable chez elle, quant aux conséquences. Lorsque j'ai vu sa main trembler, vibrer presque sur le cristal, le tabouret s'était déjà soulevé de presque la hauteur d'un homme derrière Urtzi et oscillait dangereusement vers lui. Dans le groupe, des cris de surprise et de frayeurs avaient commencé à s'élever, alors que Nerakhme regardait fixement le tabouret, le regard possédé par une panique totale. En essayant de maîtriser ma respiration comme nous l'apprenons dans nos groupes de méditation, j'ai passé de toutes mes forces un message de calme à Nerakhme: respirer, ne pas s'affoler et surtout retirer, tout doucement, sa main du cristal. Elle m'a entendu parce que presque aussitôt, elle a dégagé sa main. Le tabouret est ensuite retombé au sol, mais au passage, un pied a frôlé l'épaule d'Urtzi. Lorsqu'il s'est retourné vers son siège volant, le visage d'Urtzi s'est peint d'une peur diffuse. Il a regardé Nerakhme, qui ne savait plus ou se mettre et lui a fait signe que l'exercice était terminé. Il n'a même pas pensé à lui demander ce qu'elle avait lu dans le cristal. Mais peut-être ne voulait-il pas savoir.
Je n'ai su que le lendemain que le cristal venait du grand conservatoire historique de et qu'il avait appartenu à Bélial, l'un des plus sombres personnages de l'histoire de l'Atalantide. Personnellement, je trouve que Urtzi que j'adore et que nous adorons tous, a été très imprudent. Il a choisi ce cristal parce que son contenu était très puissant et que par conséquent, il pensait qu'il serait plus facile pour des novices comme nous de ressentir ces informations. Il était à dix diamètres de Gaïa d'imaginer qu'une jeune fille âgée de 15 Révolutions de Gaïa et qui n'a suivi aucune formation particulière, pourrait percevoir mieux que des impressions.
Il est vrai que les jeunes filles comme Nerakhme sont généralement dans les académies des prêtresses Laileb, qui sont disséminées un peu partout dans l'archipel et où vont étudier toutes celles qui présentent des capacités psychiques particulièrement marquées. Parfois je me demande si Nerakhme ne serait pas mieux dans une de ces académies. Elle n'aurait pas besoin de l'elixir de sérénité que lui a fabriqué sa mère pour calmer ses émotions, après que nous lui ayons raconté l'histoire. Et qu'elle a glissé dans la petite fiole que je lui ai spécialement créée, afin d'avoir son elixir sur elle en permanence. C'est étrange, j'ai d'ailleurs remarqué que les rares prêtresses de Laileb que j'ai eu l'occasion de rencontrer portaient justement des petites fioles en pendentifs, en plus de celles qui contiennent leurs cristaux sacrés. Mais les prêtresses Laileb valent un parchemin à elles toutes seules et je prendrai un jour le temps de vous racontrer ce que je sais d'elles.
Fiole de sérénité
Descriptif: petit flacon en verre peint type échantillon de parfum, certi d'une structure en fil métallique, décoré de perles fantaisies, d'un mini strass dans le bouchon et monté en pendentif grâce à un ruban étroit. Refermable. 7€ hors frais de port.
01 décembre 2009
Les états d'âme de Nerakhme
Longtemps ma main est restée au dessus du parchemin sans que je puisse tracer un signe. Cela fait des jours que je me demande si je dois raconter cela à mon journal, c'est tellement personnel, tellement douloureux et surtout tellement difficile de raconter que je ne sais pas par quel bout le saisir. Mais quel intérêt de tenir un journal, si ce n'est pas pour tout lui confier.
Mais ce qui est arrivé à Nerakhme dépasse tellement ma compréhension que je ne sais plus que penser. Et pourtant, de tout le village, je suis peut-être avec sa mère l'une des personnes qui est le mieux en mesure de la comprendre. Je vous l'ai déjà confié, Nerakmhe et moi sommes très différentes. Et je vous ai également révélé qu'il m'arrivait d'avoir des rêves étranges, dont certains déchirent des voiles vers des parcelles d'avenir. C'est une capacité connue que je partage avec beaucoup d'autres Atalantes, même si je suis la seule de ma famille à la posséder.
Mais Nerakhme, c'est autre chose. J'ai beau la connaître depuis l'enfance, ce qu'elle est capable de faire dépasse parfois mon entendement. Je sais que c'est possible, qu'il existe d'autres Atalantes capables de réussir de telles choses. Mais peut-être ont-ils appris à maîtriser leur capacités et celles-ci s'avèrent-elle moins effrayantes que celles de mon amie.
Ne rakhme et moi nous sommes toujours entendues à merveille. Elle est une personne très douce et très sensible, attentive à ne pas avoir de gestes ou de mots blessants pour autrui. Je fais naturellement de même, mais dans notre relation ainsi que toutes celles qu'entretient Nerakhme, cela relève plus d'une nécessité quasi vitale, que d'une délicatesse de notre part. De toutes les personnes qui connaissent vraiment bien Nerakhme, comme moi ou sa famille, je n'en connais aucune qui la mettrait en colère ou la blesserait volontairement. Parce que nous savons trop bien quelle pourrait en être l'ampleur des conséquences.
Mais Urtzi n'était pas au courant de tout cela. Urtzi est l'un de nos enseignants les plus passionnants. Depuis maintenant presque une révolution de Gaia, il nous apprend les vertus des pierres. Les pierres, dans la culture atalante, depuis les plus précieuses et les plus rares, jusqu'aux plus courantes, tiennent une place primordiale.
Aujourd'hui, Urtzi avait donc débuté une leçon et pour illustrer sa leçon, il avait apporté sous le chêne sous lequel nous étions installés, un énorme cristal de roche. Je crois que je n'en avais jamais vu d'aussi gros, sinon lors d'une visite avec mon groupe d'étude dans une exposition itinérante.
Immédiatement, j'ai compris que ça n'allait pas pour Nerakhme. Avec les années, elle s'est habituée au fait de ressentir parfois un léger malaise en présence de certaines pierres. Souvent des pierres de grosses tailles, mais parfois même en raison des cristaux sacrés que portent chaque Atalante sur lui. Sa mère Saskara, a remarqué que certains cristaux de roche semblent provoquer chez elle de réels malaises.
Lorsque Urtzi nous a demandé de venir les uns après les autres poser notre main sur le bloc de cristal, de nous y connecter, pour voir quelles informations nous étions en mesure d'y lire, Nerakhme n'a pas osé se soustraire à la demande. Elle aurait probablement dû, mais elle voudrait tellement tellement, être comme tout le monde.
Sa main tremblait au moment où elle s'est approchée du cristal. Lorsqu'elle l'a posée, j'ai eu l'impression que quelque chose venait de se transformer autour de nous. C'était vraiment étrange, comme l'instant de silence absolu qui précède l'explosion d'un énorme orage. Et c'est un peu ce qui s'est passé.... Et que je vous raconterai bientôt sur un autre parchemin, parce que ma mère m'appelle pour que je l'aide à terminer une tunique de lin, qu'elle doit remettre dès demain à la personne qui la lui a commandé.
Un dernier mot avant de vous quitter pour mieux vous retrouver très vite. Cet évènement remonte à deux semaines, mais émotionnellement, il m'a tellement marquée qu'il m'a inspiré la création non pas d'une paire de boucles d'oreille, mais de quatre, une par élément et toutes en orichalque. Je les ai appelées les états d'âmes de Nerakhme et j'ai gardé l'eau pour le lui offrir. Les trois autres sont évidemment dans ma précieuse boîte.
Les états d'âme de Nerakhme
Descriptif: quatre modèles composés de nacres, de turquoises, de perles en bois et en métal, montées sur des attaches couleur bronze. 9€ pièce en crochets, 10€ en clips (hors frais de port). De gauche à droite, la terre, l'air, le feu et l'eau.
26 novembre 2009
Disques de prospérité
J'exulte, mes pieds ne touchent plus terre. Je vais enfin avoir une possibilité de vendre mes premières paires de boucles d'oreilles et mes premières créations. Depuis que j'ai commencé à remplir ma boîte avec de petites merveilles destinées à orner des oreilles et des étagères étrangères, J'espérais secrètement qu'un jour ma mère me proposerait une petite place sur le stand qu'elle tient à chaque demi-lune avec une autre artisane, sur le grand marché de Calabca.
Hier soir, alors qu'elle venait de terminer une cape très ouvragée, elle m'a regardée avec insistance refermer ma boîte avec tout ce qu'elle contenait. Et elle m'a demandé si je voulais exposer quelques objets avec elle. Plus tard dans la soirée, quand la nuit fut tombée, j'ai été m'asseoir au pied du grand olivier qui est devant notre demeure et j'ai contacté Nerakhme. Je ne pouvais pas attendre le lendemain matin pour lui annoncer cette nouvelle. Je sais qu'elle m'a entendue et j'ai ressenti toute la joie qu'elle éprouve pour moi et qu'elle m'a envoyée.
Je sais déjà que les dernières boucles d'oreille que j'ai fabriquées seront les premières que je poserai sur le stand. Parce qu'elles sont chargées de symboles liés à la prospérité. En Atalantide, nous disposons de différents moyens pour échanger des biens et des services, mais le plus courant depuis plusieurs centaines de révolutions de Gaïa sont de petits disques métalliques, en or, en argent, en orichalque ou parfois d'autres métaux, sur la plupart desquels sont gravés une image de Poséïdon. Chacun de ces petits disques possède une valeur bien définie et permet qu'un échange soit juste lorsque le troc est impossible.
Les dernières boucles d'oreilles que j'ai fabriquées sont justement constituées notamment par deux disques. C'est en en passant devant la table où ma mère pose ses travaux d'aiguille, que je suis tombée il y a quelques jours sur une série de disques en or martelés. Ils étaient censés orner un sac que doit fabriquer ma mère pour le professeur d'histoire universelle de mon école. Mais apparemment, ils sont trop petits et ma mère en a commandé une autre série à Adei. Ma mère m'a autorisé à les récupérer et avant même qu'elle les ait mis dans ma main, j'avais déjà visulaisé le modèle que j'allais créer avec. Et à chaque fois que je les touche, je sens la prospérité venir vers moi.
Disques de prospérité
Descriptif: Disques métalliques dorés, disques turquoises fantaisie, perles de verrre turquoises, 6 € montés en crochets, 7€ montés en clips (hors frais de port).
24 novembre 2009
Flacon médicinal de Saskara
Aujourd'hui après nos cours, Nerakhme et moi nous sommes allées dans les montagnes pour ramasser des plantes. Dans les moments que je partage avec mon amie, c'est l'un de ceux que je préfère. Sa mère, Saskara, est guérisseuse et souvent Nerakhme récolte pour elle de précieuses plantes médicinales qu'elle fait sécher et qu'elle entrepose dans des bocaux, dont les rangées m'impressionnent à chaque fois que je rentre dans la pièce où elle donne ses consultations.
Aussi loin que je me souvienne, Nerakhme a toujours aidé sa mère. Non seulement à cueillir les plantes dans la nature, mais aussi à préparer les remèdes. La facilité avec laquelle elle fait la différence entre deux plantes qui me semblent identique, m'a toujours bluffée.
Avec Nerakhme, nous sommes amies depuis l'agê de six ans. Mais cela n'empêche pas que nous sommes très différentes. Contrairement à moi, elle est incapable de mettre deux pièces de métal ensemble, mais nous n'avions même pas commencé les cours de botanique en classe, qu'elle s'y entendait déjà mieux que n'importe laquelle d'entre nous pour reconnaître la plupart des plantes qui poussent dans notre région. Et grâce à celles que lui rapporte désormais mon frère Bixen de ses voyages, elle connaît même les propriétés de certaines plantes qui poussent sur d'autres îles de l'archipel, ou plus au sud de Poseidia.
C'est en voyant Nerakhme verser une décoction de saule dans une petite bouteille pour un patient de sa mère, que j'ai eu envie d'en fabriquer moi-même. Des flacons évidemment, les décoctions, j'en serais bien incapable! Alors je suis retournée voir Khestos, le souffleur de verre qui m'avait fabriqué les minuscules fioles à cristaux, pour qu'il me fasse des flacons un peu plus grands, qui puisse se glisser dans une poche ou un sac, pour garder un remède avec soi. Dans une peinture bleu turquoise que ma mère utilise pour décorer des morceaux de verre dont elle parfois des sacs, j'ai ajouté quelques pincées d'un sable brillant comme un métal précieux, que mon frère m'avait rapporté d'un voyage dans le sud de l'archipel. L'ensemble donne à mon premier flacon un aspect un peu magique, qui s'accorde parfaitement avec les remèdes fabriqués par la mère de Nerakhme, tellement ils sont efficaces.
Sauf que maintenant, il va falloir que je trouve un moyen de vendre quelques-uns des trésors entreprosés dans ma précieuse boîte, parce que je commence à avoir des dettes auprès de tous les artisans du village. Et même si ce sont des amis de mon père et qu'ils me connaissent depuis toute petite, avoir des dettes à 15 ans, ça me fait un peu peur.
Flacon médicinal de Saskara
Descriptif: flacon de verre contenance 10 ml peint à la main avec une peinture pour verre pailletée. Bouchon plastique recouvert d'une peinture acrylique métallisée. Collier de perles fantaisie montées sur une chaînette dorée. Le flacon peut être lavé à l'eau fraîche et au savon. 2€ (hors frais de port)
19 novembre 2009
La dame de Cliteia
Il y a quelques jours, j'ai fait un rêve. Oui, je sais, tout le monde fait des rêves. Sauf que les miens ont presque toujours une signification. Et correspondent à une réalité présente ou parfois une réalité future. En d'autres termes, il m'arrive de voir l'avenir. Et plus le temps passe, plus cela arrive souvent.
En Atalantide, ce genre de dons est assez courant. Mais pas dans ma famille. Les scientifiques Atalantes ont déterminé depuis des générations que comme beaucoup d'autres talents, la capacité à voir dans l'avenir proche et plus lointain avait un rapport étroit avec l'hérédité. Or dans ma famille, ainsi que vous l'avez déjà compris, notre talent se situe plutôt au niveau de nos mains. Mon père, ma mère et mon frère sont évidemment capable de communiquer les uns avec les autres par télépathie, comme tous les Atalantes. Mais aucun d'entre eux ne fait des rêves prémonitoires. Et si j'ai hérité de l'habileté manuelle de mes parents et d'une facilité pour la création, je me demande bien où j'ai été cherché ce don de voyance. Peut-être une grand-mère qui s'est bien gardée de partager ces capacités avec qui que ce soit...
Lorsque j'ai commencé à faire des rêves prémonitoires quand j'étais petite, je l'ai immédiatement raconté à ma mère. Elle était surprise et elle a fait de son mieux pour m'aider à gérer cette capacité inattendue. Mais maintenant que je suis plus âgée, j'hésite parfois à partager tout ce que je vois avec ma famille. Quand ça les concerne surtout, je crains de les inquiéter ou simplement de les influencer.
Mon rêve de la nuit dernière n'avait rien à voir avec ma famille. Mais il était tout simplement incroyable. Je me suis vue dans un palais magnifique et immense, auprès d'une dame d'une beauté à couper le souffle. Elle dégageait une puissance affolante, tout en étant d'une grande bonté, une douceur infinie dans une fermeté inaliénable. Cela peut sembler difficile à concilier, mais c'est exactement ainsi que je la ressentais. Je semblais très proche d'elle, elle me parlait comme si nous nous connaissions depuis toujours. Un détail m'a frappé, mais chez moi, ce n'est pas vraiment surprenant. Les boucles d'oreilles qu'elle portait, avec des turquoises rondes et polies sur une monture dont la forme rappelait un éventail, c'est comme imprimée dans ma tête. Mais ce n'est pas le plus étonnant. Le plus étonnant, c'est qu'à un moment, elle a regardé par l'immense fenêtre de la pièce dans laquelle nous nous trouvions. Et à l'extérieur, on voyait l'océan, une profusion de bateaux de toute taille, mais surtout une statue absolument gigantesque représentant Poséïdon, le Dieu fondateur de l'Atalantide. Cette statue, dans ce contexte, je l'ai vue sur des peintures, des gravures et diverses reproductions et je sais comme la plupart des Atalantes, qu'il ne peut s'agir que de celle qui trône à l'entrée du Port de Cliteia, la capitale de l'archipel. Mais la question qui me préoccupe est ce que je faisais à Cliteia, ou je n'ai jamais été en réalité. Et qui était cette dame? Et pourquoi est-ce que j'ai fait ce rêve. Parfois mes rêves contiennent des messages, des avertissements, mais j'ai du mal à imaginer que celui-ci était simplement un tour joué par mon imagination nosturne.
Quand je me suis réveillée le lendemain matin, j'étais très très perturbée. J'ai tout écrit sur un parchemin, mais ça n'a pas suffit. Alors j'ai dessiné la dame en bas du parchemin et j'ai fait un autre croquis avec tous les détails des boucles d'oreilles étonnantes que la dame portait. Le soir en rentrant de mes cours, j'ai déposé le croquis chez Adei pour qu'il me fabrique les supports. Il a levé les yeux au ciel, parce que depuis que j'ai décidé de devenir créatrice de bijoux pour financer mes études, je transforme son atelier de métallurgie en orfèvrerie. Mais au fond, je sais que c'est un défi pour lui de réaliser des objets aussi délicats et qu'il adore le faire pour moi. Il m'a même commandé une paire pour sa compagne en guise de paiement. Et ce soir lorsque j'ai mis dans ma boîte les éventails en or avec leurs turquoises et leur perles en or ciselées, je me suis promis de fabriquer quelque chose de très joli pour la compagne d'Adei.
La dame de Cliteia
Descriptif: six perles rondes en turquoise, deux gouttes en verre turquoises, perles et chaînettes dorées montées sur une estampe dorée de 2,5 cm de largeur. 12€ pour oreilles percées, 13€ en clips (hors frais de port).
16 novembre 2009
La compagne du voyageur
Vous l'avez peut-être déjà compris en lisant mes premiers parchemins, mais à Calabca, il y a beaucoup d'artisans. En fait, le village est réputé pour attirer une partie des meilleurs de l'île de Poseidia. Et le marché, qui s'étale sur la grande place près du port, est le plus réputé de la région. On y vient de loin pour faire des achats, vendre ses réalisations et aussi loin que je me souvienne, j'ai toujours été fascinée par ce marché. Petite, j'y allais avec ma mère, qui craignait toujours de me perdre, tant je m'arrêtais à chaque stand, mes yeux dansants des étoffes multicolores, aux épices rares, aux bijoux en orichalque incrustés de pierres précieuses.
Comme une bonne partie des habitants de Calabca, mes parents sont artisans. vous le savez déjà, mon père travaille le bois. Ma mèr, elle, est très habile pour coudre des vêtements que les élégantes se disputent à Calabca. Elle travaille aussi bien le cuir que la soie, le coton, elle a un talent incroyable pour mettre une étoffe en valeur. Dans sa jeunesse, elle a même travaillé dans l'un des palais de Cliteia, la capitale de l'Atalantide.
Quant à moi, vous l'avez déjà deviné, je suis plutôt inspirée par les bijoux et les petites objets délicats. Et finalement, la seule personne de ma famille qui ne soit pas artisan, c'est mon frère Bixen. Ce n'est pas qu'il ne soient pas doué, ses mains sont d'une habileté étonnante quand il s'agit de réparer un outil, d'en fabriquer un plus adapté. Mais ce qui lui plaît à lui, c'est d'aller chercher très loin toutes les matières premières. Il y a deux révolutions de Gaïa, lorsqu'il a terminé ses études secondaires, il est parti sur le bateau d'un important négociant qui passe toutes les six ou sept lunes, vendre des marchandises à Calabca.
C'est le moment où je suis allée l'attendre avec ma mère, lorsqu'il est revenu de son premier voyage, qui m'a inspiré la paire de boucles d'oreilles que j'ai rajoutée dans ma précieuse boîte aujourd'hui. Je me souviendrai toujours de l'apparition du grand vaisseau et de ses voiles couleur de sable à l'entrée du port de Calabca. Mon coeur battait dans ma poitrine, j'avais l'impression de ne pas avoir vu mon frère depuis des années. Ou que je n'allais pas le reconnaître. Mais heureusement, il n'avait pas du tout changé.
En souvenir de ces instants, J'ai demandé à Adei, un ami de mon père et le meilleur artisan de la ville pour le travail sur les métaux de me fondre et ciseler ces supports, qui évoquent un peu la forme d'une ancre. Je ne sais pas qui m'achètera ces boucles d'oreilles, mais je l'imagine très bien orner les oreilles de la compagne d'un grand voyageur comme mon frère. Et à chaque fois que je les regarde, j'espère que moi aussi je monterai un jour sur l'un de ses bateaux, pour partir à la découverte de tous ses merveilleux paysages que l'on trouve dans l'archipel et que Bixen me décrit à chaque fois qu'il revient.
La compagne du voyageur
Descriptif: chaîne argentée, perles argentées et gouttes irrisées en verre, perles nacrées fantaisie montées sur une estampe argentée. 11€ en attaches pour oreilles percées, 12€ en clips (hors frais de port).
12 novembre 2009
Fioles bijoux pour cristaux sacrés
Ce soir avant de partager le repas du soir avec mes parents et mon frère, j'ai mis dans ma boîte quatre nouveaux objets particulièrement précieux, sur lesquels je travaillais depuis des semaines. Il s'agit de petites fioles montées en pendentif, de petites fioles qui sont destinées à accueillir trois cristaux sacrés qu'ont en commun tous les Atalantes.
Lors de la cérémonie qui marque sa naissance, chaque Atalante reçoit des mains de la prêtresse qui consacre son nom et son arrivée dans notre monde, trois cristaux sacrées qui seront un bien inaliénable pour toute sa existence sur Gaïa. Ses trois cristaux, dont la nature est déterminée par la prêtresse en fonction des conjonctions astrales de la naissance de l'enfant, contiennent toutes les informations concernant la lignée, le capital génétique et le nouveau-né lui-même.
Les Atalantes portent toujours les cristaux sur eux, parfois dans une bague creuse, dans un tout petit sachet, ou une petite boîte en métal montée en pendentif. Mais depuis quelques dizaines de révolutions de Gaïa, certains bébés de sexe féminin reçoivent en cadeau une minuscule fiole de verre, dans laquelle les cristaux sont placées. Contrairement à moi, qui porte mes cristaux de façon traditionnelle dans une petite boîte métallique qui me vient de ma grand-mère, ma mère a reçu l'un de ses flacons à sa naissance. Mais il y a un peu plus d'une lune, ma mère a cassé cette préciseuse fiole. En Atalantide, endommager ou casser le réceptacle de ces cristaux de naissance est considéré comme un signe de malchance. Quant à perdre l'un ou les cristaux, certaines personnes considèrent que cela jette une malédiction tellement puissante sur la personne, qu'on ne peut jamais totalement la dissiper.
Avec mes parents et mon frère, nous avons effectué un rituel à la pleine lune pour éloigner la mauvaise fortune de ma mère et ramener la sérénité dans son aura. Ensuite, sans rien dire à ma mère, j'ai demandé au souffleur de verre de Calabca, de fabriquer pour moi quatre toutes petites fioles. C'est un travail très délicat, mais je dois reconnaître qu'il l'a parfaitement réussi. Il paraît qu'elles aussi minuscules et délicates, que celles que l'on trouve à Cliteia, la capitale de l'Atalantide. J'ai peint les fioles, je les ai montées sur des chaînes en argent qu'a négociées mon frère et qui m'ont coûtée plusieurs des pièces de monnaie en orichalque que j'ai reçue pour le jour de mon quinzième anniversaire. J'ai rajouté quelques perles pour faire ressortir la couleur de la fiole. Je ne sais pas encore laquelle je destine à ma mère, mais j'espère pouvoir vendre les trois autres au marché artisanal de Calabca, qui est l'un des plus réputés de notre île Poseidia et où j'espère qu'elles accrocheront l'oeil de quelques dames élégantes.
Fioles bijoux pour cristaux sacrés
Descriptif: petit flacon en verre scellé par un bouchon, monté sur une chaîne argentée et décoré de perles fantaisie. La verte et la rose contiennent trois éclats de cristaux de roche, la mauve du grenat, et la turquoise des topazes. 6€ pièce, hors frais de port.
10 novembre 2009
Reflets de soleil dans l'océan
Depuis que j'ai reçu ma belle boîte en bois et les parchemins, mon frère Bixen se moque de moi à chaque fois qu'il me voit l'ouvrir. Il sait parfaitement ce que j'ai en tête et ce à quoi je destine tout ce que je met dans la boîte. Il pense que je me fais des illusions. Et j'ai bien l'intention de lui prouver qu'il se trompe.
Je suis en dernière année d'études secondaires à Calabca et si j'obtiens mon diplôme à la fin de l'année, mon rêve est d'intégrer l'Académie d'artisanat traditionnel d'Atalantide. Mais ces études sont chères et mes parents n'ont pas les moyens de tout payer. C'est pour cela que je me suis dit que je pourrais peut-être vendre toutes ces petites choses que je fabrique depuis des années. Evidemment, il faudrait que j'en vende beaucoup pour réunir assez d'argent, d'où les moqueries de mon frère et le regard affectueux mais désolé de mes parents, lorsqu'ils me voient actionner pendant des heures les outils qu'ils ont la gentillesse de me prêter. Mais quelque chose de très fort en moi me pousse à croire que mon rêve va se réaliser et que les deux petites paires de boucles d'oreilles que j'ai terminées aujourd'hui, tout comme celles qui sont déjà dans la boîte vont jouer un rôle. Avec les années, j'ai appris à faire confiance à mes intuitions et même beaucoup plus que cela. Un autre jour, je vous expliquerai pourquoi.
Et c'est pour cela que j'ai ignoré les regards de ma famille, lorsque j'ai refermé ma boîte sur mes deux nouveaux petits trésors. J'ai choisi les perles et je les ai composées en pensant à un après-midi de l'été dernier où nous étions allés nous baigner dans une crique qui se trouve à plus d'une heure de marche du village, avec Nerakhme ma meilleure amie. Pendant qu'elle nageait, je regardais le soleil se réfléter sur les flots turquoises. L'eau est particulièrement belle à cet endroit, presque aussi belle m'a dit Bixen, que dans le sud de l'archipel, où le climat est tellement et humide l'été qu'il est presque impossible de rester au soleil à certaines heures de la journée. En tout cas, à chaque fois que je regarde ces boucles, elles me font penser à l'océan et cette journée de liberté. Pour un peu, je sentirais la fraîcheur de l'eau sur ma peau.
Reflets de soleil dans l'océan
Descriptif: perles métalliques argentées et en verre. Perles fantaisie nacrées et irisées. 3€50 en crochets et 4€ en clips (hors frais de port).






























